samedi 14 janvier 2017

Le retour du franponais !
Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous connaissez le franponais. Sinon, vous pouvez consulter les articles datés du 15 avril et du 12 juin. Vous pouvez aussi vous régaler sur le site http://lefranponais.fr/ . Pour commencer la nouvelle année en souriant, voici quelques images glanées au fil des mois.


L'image de la vieille France fait toujours recette.





Pia, qui est simpathique mai qui a pa vérifié l'ortograf avant de fer son ensègne...

Bon, pour être tout à fait honnête, je ne sais pas d'où vient ce nom, après tout, ça existe peut-être vraiment, Châteraisé. N'empêche, parmi les douceurs qu'ils proposent, il y a des glaces, alors moi tout de suite, j'ai eu plein d'idées de slogans publicitaires, genre : "Faites-vous plaisir, léchez une bonne Châteraisé", ou alors "La Châteraisé en été, ça rafraichit !"



Parce que ce serait un bistrot mort, on aurait moins envie d'y aller, c'est sûr.






C'est pas la peine de crier, il arrive ton café !













Ce qui est pratique avec le franponais, c'est qu'on peut inventer des noms bizarres pour des logements, les gens qui habitent là ne s'en rendront même pas compte.
Concernant l'accent sur "La Forét", il faut excuser les Japonais, parce qu'il n'y a pas d'accent dans leur langue.
Par contre, on ne sait pas pourquoi le "i" de "cerisier" a disparu. Le dessin et la transcription en japonais ne laissent pourtant planer aucun doute : c'est ben de l'arbre qu produt la cerse dont l s'agt !














Il n'y a certes pas d'accent en japonais, alors je ne sais pas pourquoi on en met là où on devrait écrire "laissez-passer"...




Et puis il y a tout ce qui touche à la gastronomie, les grands classiques du franponais...
Les sardines qui vont bien, en tout cas on espère pour elles, et une bonne demitasse de café...
Vous allez encore penser que j'ai l'esprit pervers, mais je ne sais pas bien comment interpréter "Passer du bon temps avec des gâteaux délicieux", quand il s'agit de gâteaux avec un trou au milieu...

Parfois, il n'y a pas vraiment de grosse faute d'orthographe, on peut même dire que certaines phrases en franponais sont tout à fait correctes, grammaticalement parlant. Mais c'est la tonalité générale de la phrase qui produit un effet étrange. En japonais, cette phrase ci-dessous passerait sans doute pour une maxime élégante, elle présenterait la ligne de pensée de cette entreprise de façon raffinée. Mais en français, cette manière de s'exprimer apparait comme complètement artificielle et donne au discours une emphase complètement déplacée. Et c'est ça qui est drôle !
 

A part ça, j'ai découvert une nouvelle forme de franponais, appelons ça le franponais oral. Beaucoup de mots passent d'une langue à l'autre. Du japonais, les Français utilisent couramment les mots "kamikaze" ou "tsunami", par exemple. Ce type d'emprunt est courant dans de nombreuses langues, avec parfois un certain décalage par rapport au sens original. Je connaissais la dimension internationale du mot français "encore" dans le sens de "rappel", lors d'un concert, mais je ne l'avais jamais entendu en contexte, jusqu'au concert de Noël de l'école. Quelle surprise, quand le public s'est mit à scander en français "Encore !" (là où les Français réclament habituellement "Une autre !"). Enfin, avec la prononciation japonaise, ça donnait plutôt quelque-chose comme : "ane-kô-lu !"...

samedi 7 janvier 2017

Kôbe - Nara
J'ai profité de mes vacances d'hiver pour aller voir mon amie Hiroko, que j'avais connue à Paris, mais qui habite à Kôbe. Sa fille Céline, qui fut longtemps une de mes étudiantes en France (et qui plus est, une des meilleures !) était là aussi, venue passer les fêtes chez sa mère. Avec Hiroko, nous avions eu l'occasion de nous revoir à Nagareyama lors d'une de ses visites sur la région, mais avec Céline, c'était nos grandes retrouvailles depuis mon départ de la France. Quel plaisir que de passer trois jours en leur compagnie !
Kôbe est une ville de taille moyenne bordée par la mer d'un côté et la montagne de l'autre. C'est d'ailleurs assez surprenant de passer d'un décor à l'autre en un clin d’œil. Imaginez : on traverse le pont qui relie l'ile (il y a plusieurs iles dans la baie) au centre-ville, et on est ébloui par les reflets de la mer. Quelques instants plus tard, on est en plein cœur de Kôbe, avec ses grandes avenues et ses buildings, ses commerces et ses quartiers animés. Puis au détour d'une rue, la route commence d'un seul coup à grimper en lacets, tous les bâtiments disparaissent au profit de la forêt, on plonge en pleine nature, c'est incroyable. La montagne abrite de nombreux temples très paisibles, c'est un véritable enchantement.



































A Kôbe, j'ai également pu visiter une fabrique de sake, l'alcool de riz traditionnel japonais. Même si je ne suis pas un grand buveur de sake, c'était très intéressant de découvrir un peu ce mode de fabrication complexe, et de pouvoir faire une petite dégustation. En comparant différentes sortes de sake, on peut sentir la subtilité des arômes, le parfum est vraiment très délicat, les saveurs particulièrement raffinées.
Kôbe est aussi mondialement (et tristement) connu pour son terrible tremblement de terre qui avait fait plus de 6 400 morts en 1995. Je suis allé visiter le mémorial consacré à cette catastrophe. Difficile de rester de marbre devant les images captées par les caméras de vidéosurveillance de la ville. C'est toute une cité qui s'effondre en quelques secondes. Difficile de ne pas verser de larmes devant le témoignage de tant de vies balayées le temps d'un souffle. Cependant, ce mémorial est très bien fait, très complet, et malgré l'émotion, sa visite me semble indispensable pour prendre conscience de ce que peut être un séisme de grande ampleur. Sensibilisé par cette exposition, quand je suis rentré chez moi, j'ai commencé à me préparer un sac de survie avec le nécessaire pour faire face aux situations d'urgence, en espérant ne jamais avoir à m'en servir.


Hiroko, Céline et moi sommes allés visiter Nara, à une heure de voiture de Kôbe (quand il n'y a pas d'embouteillage...). Nara est une petite ville très ancienne, c'est la première capitale du Japon. En arrivant, on est surpris de voir les daims en liberté dans la ville. Non seulement ils ne sont pas farouches, mais en plus ils ont l'habitude qu'on leur donne des biscuits, alors ils viennent réclamer ! A part ça, Nara est très riche en patrimoine culturel, il y a un grand nombre de temples, on pourrait facilement y passer deux jours à tous les visiter.
 

































Le temple le plus impressionnant de ceux que j'ai vus est le Tôdaiji, qui passe pour être le plus grand bâtiment en bois du monde. Il abrite un bouddha en bronze de 15 mètres de haut, saisissant.
A chaque fois que je visite un temple, je reste en admiration devant l'enchevêtrement des poutres. Si vous vous intéressez à l'architecture, il y a de quoi faire de beaux croquis !
Le centre-ville de Nara a été très bien préservé, et on trouve une multitude de petites ruelles très étroites où tous les bâtiments sont en bois, certains ont plus de cent ans. C'est un vrai régal que de s'y perdre, de déambuler au hasard, on a l'impression qu'on va croiser un samouraï !
Une belle plongée dans le Japon traditionnel.

mardi 3 janvier 2017

Akemashite omedetô !
Les fêtes de fin d'année se terminent. Au Japon, le Jour de l'An est traditionnellement une fête de famille, mais il arrive qu'au lieu de rester à la maison, on décide de célébrer l'évènement par un matsuri, une fête traditionnelle (pour mémoire, vous pouvez consulter l'article du 17 juillet, sur les matsuri). Pour ma première Saint Sylvestre en terre nippone, je suis donc allé avec quelques amis, français et japonais, assister au matsuri d'Ôji, un quartier au nord de Tôkyô.
Ce matsuri a la particularité d'être consacré au renard, qui est considéré comme un animal mythologique, auquel on attribue des pouvoirs magiques. Le renard, messager du dieu Inari, peut être soit bienveillant soit mal intentionné, et peut prendre une apparence humaine, en particulier pour jouer des tours aux hommes. Rien de tel qu'un matsuri pour le célébrer et s'attirer ses bonnes grâces.
Quelque soit le costume, kimono traditionnel ou moderne, faisant référence au renard ou pas, les participants arborent presque tous un masque et/ou un maquillage de renard. Je précise que le signe que beaucoup font avec la main n'a rien à voir avec le signe de ralliement des hard-rockeurs mais il figure une tête de renard.
Les photos et vidéos que voici vous donneront une petite idée de l'ambiance, mais il faut vraiment le vivre pour bien ressentir ce que c'est. Assister à un matsuri, c'est une expérience unique.
Le cortège commence par une marche assez solennelle, c'est très impressionnant, comme vous pouvez le constater sur cette vidéo. En plein milieu de la nuit, c'est presque angoissant.
Puis c'est le défilé de tous les participants. Il y a des danses traditionnelles, les enfants participent autant que les adultes.

Contrairement à ce qu'on voit souvent, dans ce matsuri, il n'y a pas de mikoshi (les autels portatifs) à faire défiler, mais on transporte à la place une statuette de renard.
Juste avant minuit, tout comme en Occident, on fait le décompte des secondes, pour s'écrier en chœur "Akemashite omedetô gozaimasu !", l'équivalent de notre "Bonne année !". Pas d'embrassade généralisée, on est au Japon. Sauf pour ma bande de copains et moi, et je pense qu'on a dû se faire un peu remarquer à tous se prendre joyeusement dans les bras sur le trottoir !
Tout le monde se retrouve ensuite au temple, bondé, où on peut entendre un concert de musique traditionnelle. A défaut d'autre mot, j'appelle ça un concert, mais le véritable propos n'est pas de faire ou d'écouter de la musique, car sans qu'il s'agisse d'une cérémonie, la dimension religieuse est très importante. Les sonorités peuvent paraitre très dissonantes à nos oreilles d'Occidentaux, mais dans la fraicheur de la nuit, on se laisse facilement envelopper par cette ambiance étrange, hypnotique. On assiste également à la danse du lion, tradition que j'avais déjà vue à Hong Kong. Quand les célébrations se finissent, on peut aller se faire, littéralement, mordre la tête par le lion, ça porte chance pour l'année (et ça fait même pas mal !).
On profite d'être au temple pour prier. On peut aussi tirer un omikuji, une baguette de divination grâce à laquelle on peut prédire ce qui vous attend pour l'année qui s'ouvre. Je n'ai pas encore tiré mon omikuji pour cette année, mais quand je l'ai fait lors de ma visite au Japon l'année dernière, on m'avait prédit "une année propice aux déménagements", alors que rien n'était encore fixé pour moi... Deux mois plus tard, je revenais au Japon, et pour y poser mes valises pour de bon cette fois-ci. Quel déménagement !
Les festivités terminées, nous sommes allés au karaoke avec les gens qui nous avaient invités au matsuri, une vingtaine de personnes en tout. On a chanté jusqu'au matin, c'est ça aussi, le Jour de l'An au Japon. Et je peux vous dire que les Français n'étaient pas ceux qui chantaient le moins, votre serviteur en tête... En japonais, en anglais, je ne suis pas le dernier à m'époumoner, et quand il y a (c'est rare) une chanson en français, ça donne ceci :
Je vous rappelle que les compétences artistiques ne sont pas prioritaires au karaoke, vous serez donc priés de juger ma performance à l'énergie consacrée plutôt qu'à mes qualités vocales !...
Très bonne année à vous tous, chère famille et chers amis, akemashite omedetô !