Un petit billet banal, pour vous donner quelques nouvelles banales.
C'est sans doute moi qui m'habitue, mais j'ai l'impression qu'il a fait un poil moins chaud cet été, ce qui est en contradiction avec les statistiques. Je dis ça, mais dans un zoo près de la capitale, trois lions sont morts d'hyperthermie. Certes, les lions ne sont pas adaptés au climat humide du Japon, mais quand même, on parle de lions, pas de chatons (et pas de un mais de trois). Bon, je ne me lancerai pas dans une grande diatribe sur le changement climatique aujourd'hui, promis.
Septembre par contre, a connu une météo toute pourrie. Depuis la fin aout, jusqu'à début octobre, il a plu 37 jours d'affilée sur Tōkyō. On parle du grand Tōkyō, et même les brèves averses ont été comptabilisées, mais quand même, de la pluie tous les jours 37 jours de suite... C'est la première fois que ça arrive depuis que les relevés existent, c'est-à-dire depuis la fin du 19e siècle. Et dans les journaux, pas un mot sur le changement climatique. Ah zut, j'avais dit que j'en parlerais pas. En bonus, on a eu un joli typhon sur la capitale, je vous mets les images plus bas. En octobre, le temps s'est à nouveau réchauffé, et ces jours-ci, le thermomètre est monté à plus de 30° dans plusieurs villes du pays ; je ne sais pas si c'est un record mais ça reste exceptionnel.
A part ça, depuis le blocage du détroit d'Ormuz, la vie est devenue chère, très chère. Mais ne comptez pas sur les Japonais pour manifester : "shō ga nai, on n'y peut rien". Les sacs poubelles sont rationnés, et certains produits apparaissent et disparaissent dans les rayons de façon sporadique. L'industrie manque de produits chimiques et on trouve des emballages qui ont perdu leurs couleurs. Tout ça donne vraiment le sentiment que la guerre se rapproche.
A propos de guerre, les images des émeutes de ce weekend en France ont beaucoup circulé ici, et les Japonais sont impressionnés. Les médias mainstream français s'en sont donné à cœur joie dans la désinformation, et cette désinformation a encore été déformée par les médias japonais. Résultat : de nombreux Japonais s'imaginent que les casseurs étaient des étrangers venus d'Afrique. Mais d'où peuvent venir ces rumeurs, ah là là on se demande bien... On l'a déjà dit, l'extrême droite et la vérité, c'est deux mondes à part. Rassurant (ou pas) : une de mes étudiantes se demandait, à l'instant, pourquoi les jeunes Japonais font encore confiance en Mme Takaichi, et pourquoi ils ne se révoltent pas comme en France.
Je viens de commencer à lire un livre qui s'annonce passionnant : Japon, la face cachée de la perfection, de Karyn Nishimura-Poupée. Bien que je n'en sois qu'au début de ma lecture, je le recommande à tous ceux qui veulent découvrir certains des aspects les plus sombres de la société japonaise.
Voilà, ce n'était rien qu'un petit billet banal, un peu comme un journal de bord.

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